À la rencontre de saint Mamas : pèlerinage de l’Institut Saint-Serge à Langres
Les 13 et 14 juin 2026, une vingtaine d’étudiants, d’enseignants et d’amis de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge se sont retrouvés à Langres pour un pèlerinage placé sous le patronage de saint Mamas, jeune martyr cappadocien du IIIe siècle dont la mémoire unit depuis des siècles l’Orient chrétien et la terre de Langres.
Après leur arrivée dans la cité fortifiée, les pèlerins ont commencé leur découverte par le village voisin de Saints-Geosmes. Guidés par Mme Chantal Andriot, chercheuse à la Société historique et archéologique de Langres, ils ont été introduits à l’histoire singulière de ce lieu dont le nom garde le souvenir des trois Saints Jumeaux Speusippe, Eleusippe et Méleusippe, martyrs en Cappadoce du IIe siècle, vénérés encore aujourd’hui en Russie. 
L’église du XIIIe siècle et la crypte carolingienne du VIe qui lui est associée témoignent encore aujourd’hui de l’importance de ce culte qui favorisa autrefois le développement d’une abbaye bénédictine puis d’un prieuré. En parcourant ces lieux chargés d’histoire, chacun pouvait mesurer combien la mémoire des saints a façonné les communautés chrétiennes de cette région.
La visite s’est poursuivie au Musée d’art et d’histoire de Langres avant une découverte de la vieille ville. Perchée sur son promontoire et entourée de remparts impressionnants, Langres conserve un patrimoine exceptionnel où se croisent les héritages de l’Antiquité, du Moyen Âge et des temps modernes.
Mais le cœur du pèlerinage se trouvait à la cathédrale Saint-Mammès. Construite à partir du XIIe siècle, elle demeure l’un des plus beaux témoignages de la transition entre l’art roman et les premières formes de l’art gothique. Son architecture harmonieuse, ses riches décors et les nombreuses représentations du saint martyr rappellent la place particulière qu’occupe Mamas (appelé localement Mammès) dans l’histoire religieuse locale.
Grâce aux explications du R.P. abbé Édouard Ntukudi et d’Arnaud Vaillant, chercheur à la Société historique et archéologique de Langres, les participants ont découvert l’histoire de cet édifice remarquable ainsi que la diffusion du culte de saint Mamas depuis la Cappadoce jusqu’à l’Occident médiéval.
Le temps fort de cette première journée fut sans doute la vénération des saintes reliques des trois saints jumeaux de Saints-Geosmes ainsi que celles de saint Mamas, suivie de la célébration des vigiles en son honneur. Berger selon la tradition, proche des plus humbles et vivant en harmonie avec les animaux qu’il apprivoisait, saint Mamas demeure aujourd’hui encore une figure particulièrement chère à la tradition orthodoxe.
La soirée s’est poursuivie par deux conférences animées par Michel Stavrou, doyen de l’Institut Saint-Serge, et Arnaud Vaillant. Les interventions ont permis de retracer les chemins parfois surprenants par lesquels la mémoire d’un jeune martyr de Cappadoce s’est enracinée au cœur de la Champagne. Elles ont également mis en lumière la richesse des représentations iconographiques de saint Mamas en Orient comme en Occident, révélant à la fois la diversité des traditions artistiques et l’unité profonde de la vénération qui lui est portée. Les échanges ont enfin souligné combien les saints constituent un patrimoine spirituel commun, antérieur aux divisions historiques entre les Églises, et demeurent aujourd’hui encore un lieu privilégié de rencontre entre Orient et Occident.
Le dimanche matin, la Divine Liturgie a été célébrée à l’église Saint-Martin. Ce moment de prière a été suivi d’un temps de rencontre avec les paroissiens locaux puis d’une nouvelle visite de la cathédrale permettant de découvrir plus en profondeur son trésor, ses œuvres d’art et les témoignages de la dévotion ancienne à saint Mamas.
Au terme de ce pèlerinage, l’Institut Saint-Serge adresse sa profonde gratitude à l’ensemble des intervenants, aux communautés qui nous ont accueillis et à tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette rencontre. Nous remercions également les membres de la chorale de l’ACER-MJO dont les chants ont porté notre prière tout au long de ces journées. La vidéo qui accompagne ce compte rendu en conserve un écho et prolonge le souvenir de ces moments de découverte et de la communion fraternelle.
